Navigation

Accueil > Europe > France > Départements Français > Finistère (29) > Phare du Four

Phare du Four

vendredi 1er avril 2016, par patrick

********************************
Article en cours de création
********************************

Phare du Four (Chenal du Four - Landunvez - Finistère - France)

Description



Situé à 2 kilomètres environ de la presqu’île de Saint-Laurent, il signale l’entrée du chenal qui lui a donné son nom. Bâti à partir de 1869 et mis en service en avril 1874, ce phare-donjon cylindrique en maçonnerie de pierres apparentes était classé par les gardiens dans la catégorie des "Enfers". La roche de granit de 25 mètres de diamètre sur lequel il s’élève a en effet la particularité de faire lever des vagues qui peuvent submerger la lanterne. Le Four fut d’ailleurs le théâtre de l’une des dernières catastrophes enregistrées depuis la guerre par les Phares et Balises. Le 9 décembre 1978, la vedette l’Ouessantine opérait la relève des gardiens et le ravitaillement du phare quand elle fut retournée par une monstrueuse lame de fond. Malgré les secours des équipages de deux caseyeurs qui travaillait sur la zone et l’intervention presque immédiate d’un aviso de la Royale, d’un remorqueur et de deux hélicoptères, un matelot, Martin Perreaux, et un gardien auxiliaire, Jean-Yves Kernoas, laissèrent leur vie dans le naufrage...
Son frère jumeau c’est le phare des Pierres-Noires (voir histoire)
Automatisé depuis 1993, télécontrôlé à partir de l’île Vierge, il n’est pas gardienné et ne se visite pas.





Histoire

Le chenal du four est un raccourci qui permet de gagner un à deux jours de navigation en évitant de contourner l’île d’Ouessant. Toutefois ce gain de temps se monnaie durement, car les navires doivent alors emprunter une route sinueuse entre les hauts fonds des Plâtresses, de la Vinotière ou des Vieux-Moines. Au milieu du XIXe siècle, les phares de Kermorvan et de Saint-Mathieu sont les seuls à baliser ce chenal. De fait, les deux extrémités, sans doute les plus importantes, restent dans l’ombre. Il faut signaler plus précisément au nord les rochers d’Argenton et au sud la chaussée des Pierres-Noires. La commission des Phares approuve le 21 janvier 1863 l’érection de ces deux feux supplémentaires. Les travaux sont bien sûr exécutés en règle puisqu’il est impossible de les confier à un entrepreneur privé. Les tours sont jumelles : même allure, mêmes formes, même pierres de taille, mêmes conditions de travail et même coût, se disent les ingénieurs. Les plans ont été tout simplement recopiés. Les bâtiments comprennent un compartiment aux huiles au rez-de-chaussée, au premier étage,, une citerne d’eau douce pour les gardiens et la trompe à vapeur, au second , une cuisine, au troisième, une chambre à coucher avec deux lits et deux placards, au quatrième, une salle technique pour le matériel et la trompette à vapeur (pour le Four), enfin au dernier étage la chambre de service. Les chantiers qui commencent tous deux en 1867 sont plus difficiles que prévus. La mer d’Iroise qui s’engouffre sur ces rochers ne laisse que très peu de temps pour le moindre accostage. Au Four c’est encore plus délicat. En quatre mois, on accoste soixante-seize fois pour cinq cents heures de travail. Arrive octobre et c’est déjà la fin de la campagne de construction. L’année d’après, il faut revenir, nettoyer le chantier recouvert de débris, réparer les dégâts causés par la mer et continuer vaille que vaille à dégager les fondations. Travail de forçat. Travail de Titan. Finalement les tours s’allument avec deux années d’écart : 1872 pour le feu rouge à éclats des Pierres-Noires et 1874 pour celui du Four Le nord du chenal est décidément très près de l’Enfer.

Les derniers mois du chantier du Four sont endeuillés par un grave accident. Le canot de service est renversé par une lame. Les trois hommes à bord, Hervé Jézéquel, François Leborgne et le contremaître Le Brelivet, se noient. Plus de cent ans après, le même accident se reproduit. Fatalité, dira-t-on. Le 9 décembre 1978, la vedette de ravitaillement Ouessantine qui se présente devant le phare par une mer très agitée, est balayée par les flots. Le patron Auguste Tual, le matelot Jean Carval et les deux gardiens, Martin Perreaux et Jean-Yves Kernoa, se retrouvent à l’eau. Les deux marins réussissent à regagner la vedette mais Kernoa est porté disparu. Perreaux récupéré dans un état très grave, décède à l’hôpital des Armées de Brest quelques heures après son admission. De tels drames marquent les mémoires et poussent les ingénieurs à installer en 1924 aux Pierres-Noires un "téléphérique". Un câble arrimé sur une roche est relié au phare. Plus de problèmes de transbordement mais toute une expédition pour les gardiens. On dit que le métier du père se transmet souvent à ses enfants. Cheminot, fils de cheminot. Boulanger, fils de boulanger. Chez les gardiens de phare, ce n’était pas le cas, même si l’administration préférait des candidats issus de la "maison". Les enfants n’étaient pas très chauds pour reprendre le flambeau de leur père. Ils l’avaient trop attendu pendant des jours et se souvenaient trop bien du moment fatidique où il prenait son sac pour partir. Ils préféraient des métiers à terre ou ils étaient sûr de trouver d’autres postes mieux rémunérés et moins exposés. Et pourtant, toute chose a ses exceptions. La tour des Pierres-Noires a été gardée longtemps par les Kéfriden , famille où l’on était gardien de père en fils mais ...aussi en filles. En effet, quinze membres de la même famille ont exercé presque trois cents années ce métier qu’ils connaissaient par cœur. Un record.

Description technique
1er optique :
15 mars 1874 : feu alternativement fixe et à 8 éclats pendant des intervalles de 30s. Optique dioptrique de 0,50m de focale.
Autres optiques :
19 aout 1913 : feu à éclats blancs groupés toutes les 15s. Optique de 5 panneaux au 1/8 de 0,50m de focale.
Cuve à mercure : 1913
Combustible :
Huile minérale : 1874
Vapeur pétrole : 1913
Electrification : 1990
Automatisation : 1993
1910 : Trompette à air comprimé.
1942 : le feu est éteint sur l’ordre des Allemands et rallumé trois ans plus tard.
1945 : le feu est rallumé.
1990 : Electrifié par des groupes électrogènes.
7 octobre 1993 : les gardiens Louis Magueur et Bruno Gélébart descendent pour la dernière fois

Caractéristiques

Pays : France

Localisation : Chenal du Four - Mer d’Iroise - Finistère
Coordonnées : 48° 31′ 24" N - 04° 48′ 20" O
Année de construction : 1870
Matériau de construction : maçonnerie de pierres apparentes
Hauteur : 28m (élévation 30m)
Portée : 37km (20 mn)
Feux : 5 éclats blancs toutes les 15 s
Visites : Non
Automatisé : 1993

Portfolio

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?