Navigation

Accueil > Europe > France > Départements Français > Finistère (29) > Phare de l’île Vierge

Phare de l’île Vierge

mercredi 16 mars 2016, par patrick

Phare de l’ile vierge (Plouguerneau - Finistère)


Description

Le phare de l’île Vierge, l’un des plus hauts du monde (plus haut phare en Europe et 1er mondial de sa catégorie) est un phare maritime construit dans l’archipel de Lilia Plouguerneau (Finistère-Nord), sur un îlot dénommé « Île Vierge » (en breton : Enez-Werc’h) à 1,5 km de la côte. Ce phare est classé monument historique depuis le 23 mai 2011(MH).
Le premier phare
Ce phare de 3e ordre est établi sur un plateau granitique situé à l’est de l’île, "point haut" d’un site pratiquement au ras de l’eau. Construit en pierre de taille et moellons de granit extraits de l’île, il est mis en service le 15 août 1845 après trois ans de travaux, en même temps que le phare de l’île Wrac’h et que le feu du clocher de Plouguerneau, pour marquer l’entrée de l’aber. Ce phare, dont la conception a été supervisée par Léonce Reynaud, est d’un modèle très simple, constitué d’une tour de plan carré surmontant un bâtiment rectangulaire de trois niveaux abritant logements des gardiens, magasins et salles techniques. Haute d’une trentaine de mètres, la tour est dominée par une lanterne métallique dotée d’une lentille de Fresnel, qui fonctionne à l’huile de colza puis à l’huile minérale à partir de 1875. La passerelle est modifiée en 1952 par l’installation d’une sirène de brume et sa lanterne vidée et occultée. Il sert aujourd’hui d’amer et de logement pour les gardiens du phare actuel.
Le second phare
Dès 1863, après l’allumage du phare du Créac’h à Ouessant, la Commission des phares envisage de renforcer le feu de l’île Vierge dont la portée de 18 milles est insuffisante. La réduction, en 1886, du programme d’électrification mis en chantier quelques années auparavant sous les auspices d’Emile Allard, aux seuls phares de grand atterrissage (en Bretagne Le Créac’h, Goulphar, Eckmühl), ne remet pas en cause la nécessité "d’augmenter le plus possible la portée géographique du phare [de l’île Vierge] de façon à le rendre plus visible à grande distance". La vieille tour étant jugée trop basse et trop étroite pour accueillir une nouvelle lanterne et un feu plus puissant, il faut construire un nouveau foyer qui devra être placé à environ 75 m au dessus des plus hautes mers. Sur une île au ras des flots, cela revient à construire un phare de cette hauteur, c’est-à-dire le plus élevé du monde.
Un premier projet, dessiné par les ingénieurs Considère et Pigeaud, est présenté en juin 1896 à la Commission des phares. Il s’agit d’une tour tronconique dont la galerie culmine à 70 m, et dont le vide intérieur, un cylindre de 5 m de diamètre, est occupé par un escalier suspendu. Il est prévu de construire le fût en pierres de
Kersanton, "les moellons de parement étant posés par assises réglées et ciselées sur les joints de manière à assurer la pureté du profil sur toute la hauteur de l’édifice". Peu enclin aux fioritures, Considère prévoit un usage limité de la pierre de taille (soubassement, escalier, encadrements des baies, bandeaux, corniche et garde-corps), au point que le directeur du Service des phares lui reproche l’austérité de son projet. Songeant certainement à la splendeur du phare d’Eckmühl dont la construction s’achève, l’ingénieur de Quimper soumet un nouveau plan le 8 janvier 1897 : la tour, entièrement appareillée en pierres de taille de Kersanton, superpose désormais une base de 1 m de hauteur et 16 m de diamètre, un soubassement à bossages de 12,40 m de hauteur, et un fût de 53,10 m couronné d’une corniche aux consoles assemblées par des arcs et soutenant une balustrade à dés. A l’intérieur, un escalier suspendu de 365 marches permet d’accéder à la salle de service (397 jusqu’à la lanterne). Ce nouveau projet est finalement accepté et l’adjudication approuvée le 24 avril 1897 en faveur de l’entrepreneur brestois Gustave Corre.
Mis à part quelques surprises lors du creusement des fondations en raison de l’instabilité d’une partie du sol, puis quelques retards liés à l’approvisionnement en pierres de taille, l’entreprise Corre devant aussi fournir des pierres pour le château de Trévarez que se fait alors bâtir le député de Kerjégu, le chantier se déroule sans difficulté majeure. Un marché est passé avec la compagnie de Saint-Gobain pour la fourniture et la pose de 12 500 plaques d’opaline (900 m2) destinées au revêtement intérieur des parois de la tour et des embrasures des fenêtres, matériau déjà utilisé pour les phares de la Canche et d’Eckmühl, meilleur moyen alors d’éviter la condensation et d’assainir les tours. Le feu, alimenté aux vapeurs de pétrole, est allumé le 1er mars 1902. Le phare est électrifié en 1956 et l’optique double d’origine remplacée par une nouvelle optique à quatre panneaux fixée sur l’ancienne base tournante reposant sur la
cuve à mercure de grande taille Barbier et Bénard d’origine.
Équipement actuel :
Le phare de l’île Vierge, d’une hauteur de 82,50 m (foyer à 75 m), est aujourd’hui le plus haut phare d’Europe, et le plus haut du monde construit en pierres de taille. Il reste, pour quelques mois encore, l’un des rares établissements de signalisation encore gardiennés (automatisé en 2010).
Lanterne Ø 4 m à 3 niveaux de vitrage cylindrique.
Optique 1956 à éclats réguliers blancs toutes les 5 sec. à 4 panneaux au 1/4 dans caisson moulé aluminium, focale de 0,50 m.
Lampe halogène 650W.
Cuve à mercure de grande taille à plateau
1896 : autorisation pour la construction du nouveau phare
1897  : débuts des travaux
1902 : fin des travaux et allumage du phare
1952 : installation d’un corne de brume
1956 : installation d’une optique à 4 panneaux de 0.50 m de focale
1959 : électrification du phare
1967 : installation de 2 éoliennes
1983  : Le système de rotation mécanique est remplacé par un système électrique
1993 : Corne de brume remplacée par des vibrateurs électromagnétiques
1994  : démontage des éoliennes
2010 : installation du télé-contrôle
• 29 octobre 2010 : plus de gardien, le phare est automatisé


Un peu d’histoire...
Les "Récollets", premiers gardiens de l’île Vierge
Les premiers gardiens de l’île Vierge furent des moines. Peut-être orientés par la paroisse de Tréménac’h toute proche, et elle-même d’origine monastique, ces moines débarquent en 1445 sur cet îlot de désolation. Disciples de St François d’Assise, ces franciscains réformés se nommaient : « les Récollets » et désiraient retrouver la pureté originelle de leur Maître François, le « Poverello » ... Ainsi ils baptisèrent ce lieu de désolation l’île de la Vierge en l’honneur de l’extraordinaire dévotion médiévale pour Marie (à Iliz-Koz une fresque du XIIIème siècle est un semis ocre-rouge de roses mariales...). Mais les conditions de vie étaient tellement difficiles même pour des mystiques qu’ils renoncent à poursuivre leur œuvre en 1505 (de la chapelle qu’ils avaient édifiée en 1448 il ne reste rien...). Reste seulement le proverbe : « la Vierge a donné trois enfants... » En effet ces Récollets, même pas une dizaine, vont se diviser en trois groupes pour enfanter 3 couvents : à Morlaix (Cuburien), à Landerneau (le Cloître), à Landéda (Notre-Dame des Anges). Pour ce qui concerne cette dernière abbaye, à Tréménac’h Iliz-Koz, existe une chapelle nommée St Ellézou qui pourrait vouloir dire la chapelle des « Saints Anges » et l’un des gardiens de Notre-Dame des Anges est inhumé à Tréménac’h en 1671. Son nom est gravé sur la pierre tombale : Bizian. Comme est gravé le nom d’Augustin Fresnel aujourd’hui au phare de l’île Vierge, autre saint laïc celui-là pour avoir inventé la lentille qui porte son nom. Il est mort à 39 ans, et on ne peut pas compter ni raconter combien de vies ont été sauvées par la grâce de la Vierge. Miséricorde...
L’avenir du site
L’Etat est gestionnaire de l’intégralité de l’île par l’intermédiaire de la subdivision des phares et balises. Les édifices, pourraient passer sous la responsabilité du conservatoire du littoral qui est disposé à prendre en compte la totalité de l’île avec un partenariat qui reste encore à définir. La commune et la communauté de communes seront sans doute concernées au titre du patrimoine, du tourisme et de l’aménagement du littoral, en relation avec l’Etat et le conservatoire du littoral. Il reste à définir les types de partenariat, l’organisation des visites, la restauration des cales d’accès et les activités nouvelles pouvant s’installer dans les locaux existants. A noter également que la partie non habitée de l’île doit rester inaccessible afin de conserver son état initial.
Parallèlement, le ministère de la culture, reconnaissant la valeur patrimoniale exceptionnelle de ces ouvrages ainsi que du phare de l’île Wrac’h, les a classés « Monuments historiques » au mois de novembre 2011. D’ores et déjà, des travaux patrimoniaux de restauration de la partie supérieure du grand phare sont prévus.
Naturellement, le phare continuera à guider les navigateurs, de jour comme de nuit et les équipes des Phares et Balises assureront son fonctionnement. Le phare télé-contrôlé sera surveillé à distance depuis le phare du Créac’h à Ouessant. Deux des gardiens, affectés à la station de contrôle du Créac’h, pourront continuer à surveiller le phare à distance et veiller à son bon fonctionnement.


Caractéristiques

Pays France
Localisation Plouguerneau(Finistère)
Coordonnées 48° 38′ 19.7″ N - 4° 34′ 1.47 O
Année de construction 1897-1902
Matériau de construction Granit de Kersanton
Hauteur 82,5 m
Élévation 84 m
Portée 50 km (27 mn)
Feux 1 éclat blanc toutes les 5s
Automatisation 2010
Optique Lentille de Fresnel
Visites Oui (Accessible par les Vedettes des Abers)
Lanterne Lampe Halogène de 650w
   
   
   
   
   
   
   


 


Localisation


Plans

PDF - 235 ko
Façades
PDF - 410.3 ko
Plans et coupes
PDF - 346.4 ko
Travaux au phare


PDF - 235 ko
Façades

Portfolio

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?